Accompagner un patient acouphènique: Résumé du Colloque de l’AFREPA à Versailles

par | Sep 24, 2018 | La Chapelle sur Erdre, Nantes, Santé, Sophrologie, Troubles de l'audition | 0 commentaires

Le rendez vous annuel des spécialistes en acouphènologie: l’AFREPA

Il s’est tenu mi-septembre à Versailles, le 9 ème colloque de l’AFREPA : association francophone des équipes pluridisciplaines en Acouphènologie  auquel j’ai eu le plaisir de participer en tant que nouveau membre.

Avant de  démarrer cet article, il me semble important de rappeler que l’acouphène est une perception auditive survenant en l’absence de tout stimulus interne ou externe, caractérisée par un bourdonnement ou/et un sifflement, qui perturbe gravement la vie des personnes appelées “patients acouphèniques”.
Dès l’ apparition de symptômes il est important de consulter un médecin ORL afin d’écarter tout risque d’acouphène pulsatile, rythmé au son du pouls du patient.
 Cet acouphène peut présenter un danger veineux, et être les prémices d’un accident vasculaire cérébral.

Ce colloque présidé cette année par le professeur Alain LONDERO, de l’hôpital Georges Pompidou (Paris) a été riche d’enseignements médicaux, de rencontres et d’échanges scientifiques avec des professionnels investis dans la recherche de traitements adaptés aux patients acouphèniques

La phrase qui a retenu toute mon attention:

Comme le stipulait le professeur LONDERO en introduction : « Le patient acouphènique est pour le monde médical, ce qu’est l’acouphène pour le patient : quelque chose dont il n’arrive pas à se débarrasser » soulignant ainsi toute la difficulté pour ces patients de trouver une solution à leur problématique. 

Jeune femme se tenant les oreilles - Marie Duval sophrologue

Le parcours du combattant du patient acouphènique

 Le patient acouphènique  effectue encore trop souvent un parcours médical entravé par des contrariétés importantes, de son généraliste aux spécialistes ORL, pour trop souvent constater leur impuissance et finalement s’entendre dire que l’on ne peut rien pour lui.
Ce que déplore l’ensemble des membres de l’AFREPA.

Or pour reprendre les paroles de Michel CYMES, médecin ORL et journaliste,« un patient qui comprend ce qu’il a, va déjà un peu mieux ».
En effet le patient a un immense besoin de comprendre ce que sont ces bruits qu’il est seul à percevoir..
Son audition va mal, parfois 24H sur 24H et il ressent un immense besoin d’écoute de sa pathologie pour mieux l’appréhender et comprendre ce qui lui arrive.
La plupart du temps, ces patients ont écumé  le net et ont essayé désespérément de trouver une amorce de solution, au risque de s’exposer à des « charlatans » comme le fait remarquer Michel Cymes. 

https://www.sophro-impulsions.com/wp-admin/post.php?post=1477&action=edit#

Quel accompagnement pour le patient acouphèniques ?

Le docteur Martine Fraysse, médecin ORL à Toulouse et présidente de l’AFREPA rappelle que les consultations nécessitent d’y consacrer en moyenne une heure à une heure et demie pour faire ensuite le choix de la meilleure orientation vers un accompagnement pluridisciplaine adapté.
Dans de l’échange verbal avec le patient, il commencera par écarter tout risque d’acouphènes pulsatifs en utilisant un vocabulaire précis.

Des mains de thérapeutes travaillant ensemble -Marie Duval sophrologue

Après l’auscultation physique, il pourra orienter le patient acouphènique vers:

  • Un ostéopathe pour réduire les tensions musculaires des cervicales, ou de la sphère ORL.
  • Vers un chirurgien dentiste spécialiste de l’occlusion dentaire : le patient acouphènique, angoissé est souvent une personne qui serre énormément les mâchoires, ce qui amplifie parfois les tensions dans la zone ORL.
    Si besoin, une gouttière modifiera la bio-mécanique : la sensation devra amener une amélioration progressive: il est important que le praticien adapte cette gouttière en re-voyant son patient régulièrement
  • Vers un kinésithérapeute pour apprendre au patient à étirer ses chaines musculaires trop contractées.

Après l’analyse des différents tests effectués et l’échange verbal: il orientera son patient vers :

  • Un psychiatre s’il pressent que son patient a besoin d’anti-dépresseur et ( ou ) que la gêne occasionnée devient un risque suicidaire pour celui-ci.
  • Un psychologue afin d’entamer  une TCC: Thérapie cognitivo-comportementale.
  • Un sophrologue spécialisé* dans la prise en charge des patients acouphèniques: lorsque le patient est stressé, angoissé, sujet à des troubles du sommeil.
  • Parfois le patient sera adressé en parallèle à un audio-prothésiste qui l’accompagnera dans une thérapie sonore à base de générateur de bruits blancs: un appareillage cherchant à masquer le bruit de l’acouphène.
  • Ou encore un orthophoniste 

La suite dans mon article à venir: qu’est ce qui marche réellement pour accompagner les patients acouphèniques ?

*Sophrologues spécialisés du  Pôle sophrologie & Acouphènes créé par Patricia Grévin

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Qu’est ce que l’hyperacousie